lundi 31 juillet 2017

La menace d’une grande panne électrique plane sur la France

Hervé Machenaud, « La France dans le Noir, les méfaits de l’idéologie en politique énergétique »
Pourquoi la France est-elle menacée par une grande panne électrique qui la plongerait dans le noir ? Hervé Machenaud (X Ponts et IEP Paris), a mené toute sa carrière professionnelle au cœur des questions industrielles liées à l’énergie, tant en France qu’à l’étranger (Il réside actuellement en Chine où il a participé durant plus de trente ans au développement du programme énergétique). « C’est pour éviter les conséquences prévisibles de la faillite des politiques énergétiques française et européenne, pour éviter que La France soit dans le noir, qu’au nom de l’expérience acquise au cours de ma vie professionnelle au service de l’énergie pour tous, j’écris ces lignes ».

Il lance cet avertissement : cela a failli se produire cet hiver, mais un jour prochain, la France va se retrouver dans le noir, au sens propre du terme. Il n’y aura pas assez d’électricité pour faire rouler les trains, tourner les usines, chauffer les maisons, allumer les télévisions et les ordinateurs, recharger les téléphones portables… « Vous vous plaignez de votre facture d’électricité ? Profitez-en, elle va s’envoler ». Déjà, aujourd’hui en France, 4 millions de ménages sont en situation de précarité énergétique et au moins 8 millions de personnes consacrent plus de 10% de leurs revenus aux dépenses d’énergie dans leur logement.

Le développement incontrôlé d’énergies éoliennes et solaires massivement subventionnées, dans un marché déjà surcapacitaire, conduit les « producteurs historiques » à la faillite ou à se réorienter vers la production de ces mêmes énergies !


En Europe, la règlementation des domaines de l’environnement et de la concurrence tient lieu de politique énergétique. En Allemagne et en France, sous la houlette de la commission européenne, c’est la peur du nucléaire et le mirage des énergies renouvelables qui guide la fameuse transition énergétique. Et au fantasme du "tout renouvelable" s’ajoute, celui aussi pernicieux, du "tout marché". Concernant le cas de l’Allemagne, longtemps montrée comme exemple, l’auteur cite l’éminent économiste Heiner Flassbeck qui souligne que dans l’hiver 2016-17 « une haute pression persistante accompagnée d’un brouillard épais recouvrant l’Europe centrale a suffit à démasquer le conte de fées du succès de la transition énergétique » reposant sur le « tout ENR », énergies non pas « renouvelables », mais intermittentes. 

En France, Dominique Finon (dans la Revue de l’énergie, n°633-634, fin 2016), se référant aux scénarios présentés par l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), qui « laissent accroire que la pénétration à grande échelle – de 80 à 100% - des énergies nouvelles renouvelables (ENR) dans les marchés électriques […]  constituerait le seul choix possible pour se libérer des énergies fossiles », conclut : « Force est de constater que de tels résultats sont basés sur des a priori, des erreurs de raisonnement économique et paraissent donc justifiés davantage par des raisons politiques de promotion de l’énergie renouvelable à tout crin ». Avec cette autre question : « Comment expliquer que l’ADEME, établissement public, placée sous la tutelle conjointe du ministère de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer, et du ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, ignore aussi superbement toutes les analyses critiques de son exercice ? »

L’électricité est un bien de première nécessité. Quelle nouvelle forme de service public faut-il mettre en place pour donner à tous les Français accès à une électricité stable et bon marché dans la durée ? C’est à cette question que ce livre apporte des réponses et fournit des pistes.


Hervé Machenaud, « La France dans le Noir, les méfaits de l’idéologie en politique énergétique », Les Belles Lettres, 115 pages, 2017, 11,90 €. 


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