mardi 29 novembre 2016

L' Icelandgate, ou comment le GIEC manipule les données météorologiques

La théorie du réchauffement global d'origine anthropique du GIEC (Groupe Intergouvernemental d'Experts du Climat) s'appuie sur d'innombrables données météorologiques de base : les températures d'un lieu relevées à sa station météo plusieurs fois par jour, dont on calcule ensuite les moyennes quotidiennes, mensuelles et annuelles. Ces séries sont compilées et répertoriées par le GISS/NASA, agence fédérale américaine, pour être ensuite analysées et modélisées par le GIEC. Elles constituent donc la matière première de la fabrication de la courbe censée traduire le "réchauffement climatique" mondial.
Cette immense base factuelle incontournable mérite qu'on s'y arrête un instant à partir d'un exemple, celui de Reykjavik (Islande). Or, depuis le début des années 2010, ces séries de données font l'objet d'ajustement, de corrections non négligeables sans qu'il soit pour autant donné d'explication ou de justification. Certains observateurs parlent d'"Icelandgate" et des météorologistes renommés - Islandais et Norvégien - de "manipulation". Qu'en est-il ? Dans quel but ? Et cela ne concerne-t-il que l'Islande ?

Reykjavik : la correction des données en 2012-2013

Pour la station de Reykjavik en Islande, le graphe actuel des TMGA (Températures moyennes globales annuelles) affiché par le GISS/NASA sur son site, est le suivant.

Station météo de Reykjavik : T° moyennes annuelles de 1941 à 2015

Reykjavik 1941 2017.JPG

On y observe que la série “homogénéisée” retenue par le GISS/NASA (courbe en noir) ne concerne qu’une période commençant en 1941, date de l’occupation de cette île stratégique de l’Atlantique nord par les États-Unis au cours de la Seconde Guerre mondiale. Les températures relevées par l’office météorologique danois depuis 1901 - l’Islande étant un protectorat de la couronne danoise jusqu’en 1941 -  n’étant plus retenues.

En son état actuel, la courbe du GIEC/Giss-Nasa affiche ainsi une augmentation importante des températures au cours de la deuxième moitié du XXe, plus conforme aux théories du GIEC. C’est que, entre 2012 et 2013, le GISS/NASA (voir l’animation GIF ci-dessous) a procédé à d’importantes corrections des données concernant cette station. Comme on le voit dans l’animation, ce changement n’est pas anodin. En  2012, la courbe non corrigée indique certes des fluctuations cycliques des températures moyennes annuelles, mais pas une élévation séculaire notable. En revanche, la courbe telle que corrigée en 2013, dessine un net réchauffement depuis 1980, devenant ainsi beaucoup plus conforme aux assertions du GIEC et à la courbe dite "en crosse de hockey".   

Reykjavik2012-2013-1.gif
Station de Reykjavik : "correction" des données du GIEC/GISS/NASA
entre 2012 et 2013

Histoire des données météo islandaises de 1880 à nos jours

Pourtant, Trausti Jónsson, météorologiste du Icelandic Meteo. Office, explique sur son blog comment les moyennes mensuelles de Reykjavik ont été historiquement publiées depuis 1880. Il illustre son récit - en anglais - par le graphique suivant :

Reykjavik T° 1880 2010.JPG
Températures moyennes annuelles à Reykjavik 1880-2012
Sources : DMI (1880-1910) et IMO (1920-2012)

Certes, l'histoire de la station météorologique de Reykjavik est-elle un peu compliquée, admet Trausti Jónsson. Elle a été gérée d’abord par le Danish Meteo Institute (DMI) de 1880 à 1910, et les températures moyennes mensuelles ont été publiées chaque année par l'Institut danois (Meteorologisk Aarbog). Pendant la période 1880-1920 il y a des lacunes car quelques mois manquent dans les publications du DMI et la station change plusieurs fois de localisation. Dans l’intervalle des années 1910-1920, des mesures effectuées au nouveau sanatorium de Vífilsstaðir viennent partiellement combler le vide.


Le Icelandic Meteorological Office (IMO) est établi en 1920 et ses propres mesures commencent au mois de mai à Reykjavik. En 1924 un thermographe est installé et "de 1924 à 1948 toutes les moyennes publiées à Reykjavik ont été calculées comme la moyenne des relevés du thermographe toutes les deux heures". A partir de 1949, les observations sont faites toutes les 3 heures.

Au-delà de la qualité des mesures, "quelques ajustements internes ont été nécessaires pour la première partie de la série, dus aux changements ultérieurs de méthodes de calcul". Le récit de Trausti Jónsson indique clairement que les relevés, effectués successivement par le DMI et l'IMO ont été de qualité, ne nécessitant pas d’autres corrections ni ajustements que ceux déjà effectués par les Islandais eux-mêmes.

La question est donc posée : pourquoi le GISS/NASA, travaillant pour le compte du GIEC, trouve-t-il opportun d’effectuer, sans explication ni justification, de nouvelles modifications d’une année sur l’autre, entre 2012 et 2013. Il s’agit tout simplement de gommer vingt ans d’une période plus chaude en Islande, située entre les années 1930 et 1950.



Note sur le climat islandais
Le climat islandais ne se résume pas aux seules températures moyennes annuelles. “Si vous n’aimez pas ce temps, attendez une minute” : c’est ainsi que les Islandais soulignent eux-mêmes l’un des traits particuliers de leur climat, la grande variabilité du temps au cours d’une même journée. Pour le géographe français Pierre Biays (L'Islande, QSJ?) le facteur climatique le plus important est bien, ici plus qu’ailleurs encore, celui de la circulation atmosphérique. L’Islande est située sur le trajet des dépressions véhiculées et entretenues par le courant tiède nord-atlantique. Suivant cet itinéraire elles apportent des pluies (ou de la neige) et de l’air humide et doux sur les côtes sud de l’Islande et les premiers reliefs où se trouve Reykjavik, provoquant la grande variabilité des types de temps au cours de la journée. Pas sûr que l’unique prise en compte des seules températures moyennes annuelles, au centre de la modélisation du GIEC, puisse cerner convenablement le climat islandais.

La manipulation des données par le GISS/NASA pour le compte du GIEC

De son côté le Suédois Wibjörn Karlén, Professeur émérite et membre de l'Académie Royale Suédoise des Sciences s'interroge sur, dit-il, la manipulation des températures par le GISS/NASA.

Pour lui "les différences entre les deux jeux de séries de données sont trop grandes pour être motivées par des corrections typographiques, etc." Cependant, les raisons de faire de telles ajustements pour arriver à de tels résultats ne sont pas données. "Il est impossible de déterminer si l'un ou l'autre jeu donne une vraie image d'un réel changement des températures. Pour un nombre limité de séries de données l'ancienne et la nouvelle version peuvent être comparées. En règle générale “la nouvelle version montre une croissance marquée des températures dans les dernières années, et pour quelques séries la différence est très considérable". Il doit être souligné que les météorologistes islandais, dont Trausti Jónsson, protestent alors, en vain, contre ce changement dans les données.

Le changement significatif des nouvelles séries islandaises de données c'est que la période plus chaude des années 30 et 40 a disparu. Or, ces hautes températures des années 30 se retrouvent encore pour le Groenland, les Pays scandinaves et d'autres espaces, et dans des articles de presse islandais d'alors. Avec ces changements, les séries 2013 montrent donc de plus hautes températures relatives durant les dernières années. Un peu des séries trouvées montrent d'insignifiantes déviations par rapport aux séries 2012, "mais la plupart d'entre-elles dessinent une tendance nettement plus abrupte vers un climat plus chaud". De telle sorte que "les données GISS/NASA de 2013 montrent significativement plus de réchauffement que les précédentes versions".

Certes, des ajustements de données vieilles de plusieurs décennies peuvent être justifiées dans certains cas spécifiques. Cependant, cela exigerait des indications très fortes qu'ils sont nécessaires, ce qui, bien sûr, devrait être précisé avec soin, ce qui n’est pas le cas.

"Le nombre de stations trouvées avec les données à la fois de 2012 et 2013 est faible, mais l'ampleur des modifications apportées à ces données est étonnante." Wibjörn Karlén en débusque pourtant dans le monde entier : non seulement à Reykjavik (Islande), mais à Prince Albert (Canada), Alice Spring (Australie) et Port Elizabeth (Afrique du Sud).

Port Elizabeth 2012 2013.JPG

Alice Spring 2012 2013.JPG


SourceWibjörn Karlén, GISS/NASA manipulation of temperature data, 2013

Comme les changements de données et de procédures du GISS/NASA entre 2012 et 2013 "semblent avoir été simultanés, toute crainte de conspiration ne peut pas être facilement écartée". "C'est effrayant, estime Wibjörn Karlén, parce que ces séries de données sont à la base de la vision que le monde a du climat, avec de larges politiques en découlant".

Mais le seul fait de mettre en évidence la curiosité de ces corrections des données attire immédiatement les foudres des internautes zélateurs du GIEC, dénonçant soit un “complotisme” anti-GIEC, soit une soumission aux lobbies du carbone, souvent les deux. Pourtant les objectifs en sont-ils clairs. Premièrement ils s'agit de tenter de redessiner (un peu) les graphes pour qu'ils continuent de ressembler à la courbe "en crosse de hockey", pourtant discréditée et en principe abandonnée par le GIEC lui-même, accréditant l'idée d'une accélération exponentielle de la courbe des températures, à allure cataclysmique. Deuxièmement, plus modestement, il s'agit de contrecarrer, mais visuellement seulement, la "pause" dans la hausse des températures annuelles moyennes globales mondiales qui dure maintenant depuis 18 ans.

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Références bibliographiques : climat & GIEC
  • Arezki Hacène, Climat, mensonges et propagande, Ed. T. Souccar, 2010
  • ATTAC, Le climat est notre affaire, Ed. Les Liens qui Libèrent, 2015.
  • Buson Christian (dir.), Réponse à l'écologisme, comment la connaissance permet de réfuter les peurs entretenues, L'Harmattan, 2016
  • Brunel Sylvie et PItte Jean-Robert (dir.), Le ciel ne va pas nous tomber sur la tête, regarder le monde en géographe, J-C Lattès, 2010
  • Crime climatique STOP ! L'appel de la société civile, Coll., Seuil/Anthropocène, 2015.
  • Gervais François, L'innocence du carbone, contre les idées reçues, Albin Michel, 2013
  • Godefridi Drieu, Le GIEC est mort, vive la science, Texquis, 2010
  • Huet Sylvestre, Les dessous de la cacophonie climatique, La ville Brule, 2015.
  • Klein Naomi, Tout peut changer, capitalisme & changement climatique, Acte Sud, 2015.
  • Marko I.E (dir.), Climat : 15 vérités qui dérangent, Texquis, 2013.
  • Postel-Vinay Olivier, La comédie du climat, comment se fâcher en famille sur le réchauffement climatique, J-C Lattés, 2015
  • Riesel René et Semprun Jaime, Catastrophisme administration du désastre et soumission durable, Ed. Encyclopédie des Nuisances, 2008
  • Rittaud Benoit, Ils s'imaginaient sauver le monde, Chroniques sceptiques de la COP21, Books Editions, 2016
  • The Oyster Club, La faillite du climatisme, Coll. Les insoummis, Les Belles Lettres, 2015.
  • Verdier Philippe, Climat investigation, Ed. Ring, 2015.

jeudi 10 novembre 2016

Pourquoi Mélenchon n'est-il pas mon candidat ?


Les 12 raisons pour lesquelles J-L Mélenchon n'est pas mon candidat :

1) Parce qu'il n'attend rien d'autre de qui que ce soit qu'un ralliement sans condition à sa propre candidature.
2) Parce que contrairement à ses belles déclarations sur "l'horizontalité" (campagne 2.0), sa campagne en solitaire où il n'a d'autre compte à rendre qu'à lui-même, reste extrêmement "verticale".
3) Parce que s'il en appelle à une 6ème République, il se glisse trop évidemment très bien dans le rôle d'un candidat hyper-présidentialiste.
4) Parce que vacciné quant à moi de longue date contre tout "culte de la personnalité", sa culture et son talent oratoire ne me font cependant pas tout avaler sans ciller.
5) Parce ce qu'ayant lu attentivement nombre de ses ouvrages personnels récents (Qu'ils s'en aillent tous, L'Ère du peuple) et biographies (Mélenchon le plébéien, Le choix de l'insoumission), je n'y trouve rien de très constant à part une adaptabilité opportuniste à toute épreuve.
6) Parce que son long parcours politique (OCI gauchiste, apparatchik du PS ensuite, puis finalement fondateur du PG), d'appareils plus que d'État, n'incite guère à une confiance aveugle. Alors qu'il se dit toujours admirateur du "génie tactique" de Mitterrand (le "Vieux") et de Jospin (le "Grand"), prenons garde qu'il ne l'exerce pas à nos dépens.
7) Parce que sa candidature, excluante et clivante, n'est pas de nature à changer quoi que ce soit à la catastrophe annoncée d'un 2ème tour Juppé - Le Pen en mai 2017. Et qui prétendra que la victoire de Trump n'accrédite pas davantage une telle perspective ?
8) Parce que sa prétention de parvenir ainsi au 2ème tour est sans espoir, et contribue surtout à aggraver le scénario annoncé.
9) Parce que candidat auto-déclaré s'étant soustrait à toute forme de sélection, il "mange actuellement son pain blanc" dans les sondages, alors qu'à ce jour personne ne connaît la configuration réelle et finale, après Primaires, des candidatures dans plus de six mois.
10) Parce que se positionnant aujourd'hui délibérément "hors des partis", il participe à leur discrédit général, alors qu'on peut au contraire estimer qu'ils gardent un rôle à jouer, même s'ils le font tous très mal.
11) Parce que la seule hypothèse crédible pour tenter de changer ce scénario n'est pas un ralliement sans principe ni aucune garantie à sa candidature solitaire, mais l'acceptation par tous - y compris par lui-même - d'un débat pour le plus large rassemblement possible à gauche, afin d'être en capacité de proposer une alternative à l'issue de quinquennat désastreux de Hollande.
12) Parce que pour peser et débattre il faut, non se rallier avec armes et bagages à une quelconque candidature, mais d'abord continuer d'exister par soi-même.

Donc, pour débloquer la situation, et à toutes fins utiles (présence dans la campagne, avancer des propositions, participer aux débats...) il faut selon moi déclarer au plus vite une candidature communiste.

Voila pourquoi je reste insoumis à la candidature de Mélenchon et choisis donc l'Option 2 dans la consultation des communistes, celle d'une candidature PCF.

dimanche 6 novembre 2016

1er festival de Savenay : le jazz, entre tradition et actualité

Alyss Kalbez Trio
Le 1er festival de jazz de Savenay paraissait un pari fou, une initiative ambitieuse, comptant sur quatre jours plus d’une dizaine de prestations musicales d’une grande diversité et, à l’expérience, bien accueillies. Ces folles journées locales du jazz faisaient suite à un premier concert un an plus tôt. Sa programmation éclectique, assurée et animée par Jean-Francois Arthur, offrait un éventail assez complet d’un monde musical multifacette proposé, jour après jour et, à peu de choses près, dans l’ordre inverse d’une histoire toujours jeunes bien que séculaire.
Amaury Faye
Le style d’Amaury Faye n’a rien de celui du banal piano bar, même s’il a "accompagné" l’inauguration du festival et de son exposition dans le hall de Ciné Nova. Confirmé par sa première partie d’un concert le lendemain, sa musique repose beaucoup plus sur l’harmonie, les chromatismes et les rythmiques syncopées - habanera, boléro ou batida - que sur les mélodies, en une sorte de méditation inspirée. Et, quand il s’en écarte juste un peu, son jazz flirte alors avec le classique.
Un duo remarqué à quatre mains d’Amaury Faye et de Thibaud Dufoy au piano a assuré  avec brio  la transition vers le concert du Alyss Kalbez Trio. Thibaud Dufoy au clavier électrique cette-fois et Alyss Kalbez lui-même à la batterie, donnent force et dynamisme à un jazz expressif et percutant, avec des solos faisant le spectacle et emportant sans restriction la conviction. À la pulsion de la walking bass au clavier, s’associe le beau phrasé des motifs à la trompette par Nicolas Algans, ainsi qu’une palette de doigté et d’explosivité musclée aux drums par Alyss Kalbez.
KAT'CHAPO
Kat’Chapo en plein air ensoleillé et La Fille du Canal dans la salle Equinoxe ont proposé deux déclinaisons de ce qu’il est désormais convenu d’appeler le "jazz manouche", dont l’incarnation historique fut le quintette du Hot Club de France dans les années 40. Le répertoire ouvert au genre s’élargit aujourd’hui un peu à tout et offre même des compositions nouvelles. Mais ses standards s’imposent encore, avec des versions attendues et bien venues de classiques tels que l’incontournable Nuages ou Que reste-t-il de nos amours. Malgré toute la qualité des instrumentistes Django Reinhardt, inoubliable virtuose et mélodiste, reste un ovni mondial de la planète jazz, toujours imité, jamais égalé.




LA FILLE DU CANAL
Le Holy Totsy Gang donnait un programme axé sur les standards du jazz Nouvelle Orléans puis du middle jazz des années 1918 à 1938. Un hommage justifié et brillant à Louis Armstrong. Ce « vieux jazz » souvent ignoré parfois méprisé est en fait sa colonne vertébrale. Le concert, à visée pédagogique, en fait la démonstration. La « plus petite des petites formations », avec six musiciens, reproduit le schéma traditionnel : saxos ténor et baryton, trombone à coulisse, cornet (trompette) à la Satchmo, banjo, perçussions avec washboard, et contrebasse acoustique dédiée à la walking bass. Quasiment année après année, les standards du genre ressurgissent du deep south ou de Chicago, convoquant les mannes de King Oliver et de Billie Holiday. Certains trouvent des prolongements après la seconde guerre mondiale, avec Fats Domino (My blue heaven). Mais quand une "ouverture" s’opère vers Duke Ellington et ses arrangements plus sophistiqués que la joyeuse polyphonie new-orléanaise, on mesure alors toute la qualité des instrumentistes, d’une facture et d’une précision quasi classiques. Malgré l’humour à la W.C.Fields du chef-présentateur, la prestation reste cependant retenue, voire un peu austère, les musiciens jouant assis même pendant les solos, surtout ceux de la section rythmique du second rang, à part pour le final libérateur au banjo.


HOLY TOTSY GANG

Avec le Fredj Trio on pouvait s’interroger sur ce crooner pianiste des Mauges. En fait, son solide petit groupe ne se contente pas de revisiter de nombreux thèmes, en flirtant parfois avec les variétés et en puisant dans un répertoire apparemment hétéroclite. Mais, balade ou samba, la voix de Frédéric Bourgeois reste toujours jazzie dans le scat, s’appuyant sur la basse élégante et chantante de Simon Mary et les rythmes sans esbroufe de Samuel Lecomte,  excellent dans la batida brésilienne. De fait, dans sa prestation esthétique et raffinée, il apparaît peu à peu que l’une des principales références de ce groupe soudé est bien plutôt Éliane Elias, nouvelle voix internationale de la bossa nova.

Assurément ce 1er festival de Savenay offrait, on le voit, un panorama large et diversifié du jazz d’hier et d’aujourd’hui - en évitant les écueils de certaines écoles et périodes moins accessibles - ce qui fait espérer et attendre d’autres explorations attrayantes pour les années à venir.