dimanche 21 mai 2017

Le lycée Jacques Prévert de Savenay sur TéléNantes vendredi 26 mai 2017

Durant la semaine du lundi 22 au vendredi 26 mai "Chez vous"  l'émission de Claire Villalon sur Télénantes (canal 31 de la Télévision numérique terrestre) sera consacrée à la commune de Savenay (après, récemment, celles de Saint-Colomban, Trentemoult et Assérac).
Claire Villalon Chez Vous 
"Du lundi au vendredi, chaque soir, Claire Villalon nous fait visiter un quartier, une commune, une entreprise ou un site emblématique du département. Claire y rencontre des habitants, des passionnés, des usagers, des salariés, qui jouent les guides pour nous."
A Savenay :
- 22/05/17 :  #1 Visite de chantier au Couvent des Cordeliers
- 23/05/17 : #2  la recyclerie du Point du jour
...

Diffusions quotidiennes à l'antenne à 18h45, 19h15 et 20h45. En direct sur : www.telenantes.com/direct
Puis en replay sur : 

Professeur d’histoire-géographie dans ce lycée de 1978 à 2006, je présenterai dans l' émission du vendredi 26 mai les bâtiments du lycée et - rapidement - les grandes lignes de son histoire. Quelques précisions supplémentaires ci-dessous.



Lycée Jacques Prévert de Savenay : les façades de l'EN (à droite)
 et de l'EPS (à gauche), de part et d'autre de la rue J.Malègue.
Le lycée Jacques Prévert dans l’histoire locale de Savenay (1985-2012)

Le lycée a été l’objet du point de départ de l’histoire locale associative à Savenay, au milieu des années 1980. Avant, les travaux individuels d’érudits locaux sont très rares : François Ledoux en 1875 (Histoire de Savenay), et Jean Rolland en 1977 (Histoire illustrée de Savenay) [Note 1].
1985
à l'époque, le lycée était
encore dans la seule EPS
  • Le 1er club d'histoire locale à Savenay (1985)
S’agissant du lycée, tout commence par la création, en 1985, de ce qui fut le tout 1er collectif d’histoire locale de Savenay (Club d’histoire locale FSE) au sein même du lycée [2].  A vocation pédagogique et d'éducation populaire il était ouvert non seulement aux lycéens, aux professeurs, au personnel du lycée, mais également aux personnalités extérieures intéressées. La plus concernée fut Mme Camille Hussenot, ancienne directrice de l’école d’application Robert Desnos, à la retraite, habitant alors juste en face du porche de l’ École Normale [3
  • 1ères publications sur le lycée de Savenay
Ce 1er club d’histoire locale a édité, au milieu des années 1980, deux brochures sur l’histoire du lycée de 1912 à 1945. En fait, avant le lycée, il s'agissait surtout du Collège Moderne, de l' École Primaire Supérieure (EPS) et de l' École Normale (EN), ce qui reste aujourd'hui inscrit à leur fronton respectif. Deux autres fascicules étaient initialement prévues, mais n’ont pas pu être réalisés alors. Ce n’est que 20 ans plus tard (2005-2008), que ce club fut relancé par le lycéen Ronan Pérennès devenu lui-même, depuis, professeur d’histoire. Dans la perspective du centenaire de 2012, le club s’est transformé, en 2008, en Association d’Histoire du Lycée de Savenay (AHLS, sous statut 1901 à but non-lucratif), plus ouverte sur la cité.
2012
Le lycée est alors aussi dans
 les bâtiments 
de l'ex École Normale
(ici la cour d'honneur)
  •  Une association (AHLS) pour le centenaire (2012) 
Rapidement, cette association a travaillé à plusieurs publications sur l’histoire du lycée. En 2009, je suis d'abord l’auteur - au nom de l’AHLS - de l’article Lycée de Savenay dans le  « Dictionnaire des lycées publiques des Pays de la Loire » (PUR, 2009, pp.482-483) [4].  Mais, surtout, à l’occasion du centenaire de l’inauguration des bâtiments du lycée Jacques Prévert, l’association l’AHLS a publié en 2012 le livre : « Savenay, Jeune lycée, vieux murs 1912-2012 » (AHLS, 2012, couverture ci-contre). Cet ouvrage a reçu, l’année suivante, le 1er Prix d'histoire de la Société Académique de Nantes et de Loire Atlantique, en 2013.

Notes :

1 - Dans son ouvrage récent "Le goût des pêches de vigne, enfances savenaisiennes, 1950-1964",  Annie Héral-Vieau donne des indications inédites et précieuses (p.17-17) sur le personnage haut en couleur qu'était le poète, le conteur, artiste et érudit local Jean Rolland.
2 - FSE : Foyer Socio-éducatif, statut trouvé par le proviseur Jacques Bouvot pour pouvoir « l’ouvrir vers l’extérieur ».
3C’est à cette occasion que Camille Hussenot-Plaisance a entamé ses premières recherches en histoire aux archives municipales de Savenay – alors en piteux état dans les combles de l’ancienne mairie – comme elle l’indique en 1988, en p. 9 de son premier ouvrage : « 1917-1919, vingt-quatre mois au rythme américain.
4 - Une « première ébauche » en avait d'abord été publiée sur mon weblog professionnel, dès 2008 (archive : http://www.jy-martin.fr/EX/website.hebergement.lycos.fr/www.jy-martin.fr/articleab67.html?id_article=291)

vendredi 19 mai 2017

Homo detritus : libérez nos ordures ! Une critique de la société du déchet.

Notre période géologique serait l’Anthropocène, qui est aussi un Poubellocène, l’âge des déchets d’Homo detritus qui envahissent la planète. Mais en quoi consiste donc la « crise des déchets » ? Quels en sont les fondements ? Les perspectives ?

Ce livre, issu d’une thèse en socio-anthropologie soutenue en 2014, cherche selon son auteur, Baptiste Monsaingeon, à interpeller le projet sous-jacent à cet effort pour éliminer et maîtriser nos déchets. Entre "le très local geste de mise au rebut et l’enjeu planétaire invoqué, un gouffre intermédiaire est laissé dans l’ombre, invitant à analyser plus précisément le lien communément admis entre gestion raisonnée des déchets et protection de l’environnement."  Une société sans reste ni trace est-elle désirable, et de quoi le "zéro-déchet" est-il le nom ? A travers ces questions, l'auteur vise à faire bouger le regard accusatoire que l’on porte sur les déchets, et à interroger le cadre moral emblématique de l’éco-citoyenneté.

Il commence par un retour historique sur l’invention des déchets, la normalisation de leur abandon (le "tout au trou"), puis leur ramassage sous couvert de l’hygiénisme urbain du XIXe siècle incarné par la préfet de la Seine, Eugène Poubelle. Notre société actuelle, où les déchets sont devenus un problème environnemental majeur, est devenue celle de leur recyclage. Passant du local au global, le déchet fait l’objet d’un "verdissement stratégique" et devient la matière non-première d’une gestion où le Waste management est l'objet d'un vaste business pour quelques grandes firmes : Veolia, Suez-Sita et TIRU. La stratégie du greenwashing s'est avérée largement profitable à ces grands acteurs économiques du déchet, alors que la logique du "pollueur-payeur"  s’étend à l’ensemble des acteurs, mais aux usagers de base surtout. Le tournant environnemental ouvre ainsi la voie à la libéralisation de la gestion des déchets.

Dès lors, "même si la plupart du temps, ce sont des discours émanant d’institutions publique qui sollicitent les usagers tantôt pour "bien jeter", tantôt pour "moins jeter", ces appels nombreux et répétés sont lourds d’une morale orientée, commandée d’abord par des impératifs économiques et techniques". Le déchet est le cheval de Troie de l’environnementalisation du quotidien, avec cependant un point qui reste aveugle : la technologie du traitement des déchets. Si, aujourd’hui, le tri à la source est privilégié, "c’est précisément pour limiter les étapes onéreuses de tri des déchets sur les tas d’ordures ou sur les lignes des usines de traitement".

L’usager se soumet de lui-même à la morale du "bien jeter", puissamment relayée par l’ADEME et les collectivités, et le problème global devient un responsabilité individuelle, dans l’indistinction totale des échelles. L’usager devient éco-citoyen par devoir. La "menace collective", où le "développement durable" tient le rôle de "mythe fondateur" conduit à une véritable "fabrique de l’usager", culpabilisé par les négligences de certains. Il y a moralisation systématisée du rapport des usagers à leurs déchets (guide et consignes de tri). Et si jeter est en-soi une faute, alors "mal jeter" devient un crime. Pourtant, selon l’auteur - qui se dit loin de défendre une posture sceptique vis-à-vis de ces enjeux - "le bien jeter peut-être assimilé à un processus de dénégation, confinant au déni, des enjeux notamment techniques, économiques et sociaux qui animent la crise écologique contemporaine".

En conclusion, Baptiste Monsaingeon plaide pour la figure du nouveau "chiffonnier" - "modèle d’un nouveau genre de savant", selon Walter Benjamin – aussi et peut-être un activiste politique. En se saisissant physiquement des restes, en y trouvant matière à critiquer les choix qui ont fait proliférer l’insoutenable, il force à prendre position au présent, à reprendre politiquement la main sur les déchets pour bâtir une contestation collective, une mutinerie peut-être, face à ceux qui prétendent œuvrer à la maîtrise du monde en se l’appropriant ». 

Un livre qui bouscule donc regards et pratiques sur les ordures, pour contribuer à l’émergence de nouvelles façons de penser nos relations avec les déchets et en faire le ferment d’une contestation. Mot d’ordre : laissez vivre les restes, nos déchets déchus. Libérez-les !

Baptiste Monsaingeon, Homo detritus, critique de la société du déchet, Anthropocène Seuil, 2017, 19 €.
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Pour le périurbain, lire : Eric Chauvier, "l'oiseau et la baie vitrée. Anthropologie des déchets dans une zone périurbaine pavillonnaire", A contrario 2013/1 (n°19, p. 17-33).
Et sur ce blog : "L’écologie en bas de chez moi" de légor Gran (2011) :  http://jym44.blogspot.fr/2011/03/lecologie-en-bas-de-chez-moi-legor-gran.html

lundi 15 mai 2017

Une enfance savenaisienne dans les années 50

Anne Héral-Vieau, née à Savenay en 1949, a résidé dans la commune jusqu'en 1972. Elle vient de sortir « Le goût des pêches de vigne », racontant les enfances savenaisiennes de 1950 à 1964.

Dans son ouvrage « Le goût des pêches de vigne », Anne Héral-Vieau fait revivre les usages et les rites d'une communauté pittoresque et soudée. Des scènes de vie, entre 1950 et 1964, dont elle émaille le récit d'anecdotes qui en rappelleront beaucoup à certains Savenaisiens de son âge.

Le titre de ce livre m'est venu en pensant à ces pêchers en haut de ma rue à Savenay, comme le goût de l'enfance. Mon propos était tout d'abord de m'adresser à mes enfants et à mes neveux et leur raconter simplement comment leurs parents avaient vécu juste après la dernière guerre. Il se trouve que je l'ai fait lire à des amis qui y ont trouvé de l'intérêt et m'ont encouragée à le publier. Je ne dirais pas que c'est à proprement parler une page d'histoire locale : elle est familiale et singulière tout en étant certainement plurielle puisque nous étions tous à barboter dans la même mare... C'est pourquoi ce petit récit classé par thèmes (la maison, la religion, l'école, les vacances...) peut toucher aussi toute ma génération, et pour d'autres raisons, la suivante. Les plus jeunes découvriront peut-être à travers ce récit un monde révolu et que nous avons partiellement perdu mais aussi une période charnière qui a ouvert la voie à ce qu'il est aujourd'hui ». « J'ai toujours écrit, pour mon plaisir, sans être spécialement intéressée par la publication. Toutefois, il y a une dizaine d'années, « Le Chasse-Marée » a bien voulu publier un article à propos d'un rameur russe disparu au large de notre côte charentaise, et dont la diffusion me tenait à cœur. Ce n'est qu'en 2010 que le livre « Evgueny Smurgis, rameur d'océan », est sorti. Plus tard, en 2015, le supplément russe du Figaro a également publié un de mes articles qui reprenait l'histoire avec une perspective différente ».

Enfin, dernièrement, j'ai eu la chance de participer au projet du centenaire, à mon niveau, en traduisant des documents américains en vue de l'exposition et du livre préparé par les Amis de l'Histoire de Savenay. »

Annie Héral-Vieau, Le goût des pêches de Vigne, Enfances savenaisiennes, 1950-1964, disponible chez l'auteur : annie_vieau@yahoo.fr au prix de 13,50 € auquel il faut ajouter 3 € de frais de port. Il est également en vente à la librairie Apostrophes (place des Halles à Savenay).